Un jour, mon enfant tu seras !

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Cette semaine les bébés sont à l’honneur, et cette fois-çi c’est le photographe français MondayMonday, dont on a déjà parlé ici, qui nous exprime ses craintes sur le destin réservé aux générations futures ! Pour illustrer cette série de clichés intitulée Un jour, mon enfant tu seras, je vous propose de lire le texte de Brice Moulin : 

Sans doute n’est-ce pas un hasard si le premier réflexe d’un enfant sortant du ventre de sa mère est de hurler, stimulé au besoin par la gifle d’une infirmière bien décidée à lui donner un avant-goût de ce qui l’attend entre sa naissance et sa mort. L’on devrait, paraît-il, toujours se fier à sa première impression, et ce râle primal ressemble fort à une prémonition. Comme si, avant même d’avoir souillé sa première couche (et lu les statistiques du chômage dans son quotidien favori), le bébé s’inquiétait pour son avenir. Une angoisse d’ailleurs partagée par ses parents, qui se demandent déjà, entre deux biberons, dans quelle carrière entrera leur progéniture, à tel point que si les pleurs nocturnes du nouveau-né n’y suffisaient pas, ils en perdraient le sommeil ! D’autant que, au contraire de leurs ancêtres, les malheureux ont à la fois l’embarras et le choix… Autrefois, un paysan savait que sa descendance travaillerait la terre, comme lui, et qu’il lui faudrait au moins six garçons solidement bâtis pour labourer les champs. Les rejetons de la noblesse avaient le choix entre l’armure du soldat pour l’aîné et la robe du prêtre pour son cadet. Quant à la grande bourgeoisie, elle a fondée des dynasties de notaires, de médecins ou d’avocats dans de respectables villes de province. Sans compter qu’en ce temps-là, l’enfant n’était pas encore roi : pas question de trop s’attacher à un petit être qui risquait de passer de vie à trépas bien avant de décrocher son premier emploi. Mais aujourd’hui, la donne a changé. Le futur se conjugue au pluriel, et se prépare déjà sur le seuil de l’école maternelle. Papa et maman cherchent à imaginer ce que deviendra la chair de leur chair, élaborent des scénarios et, souvent, projettent leurs propres fantasmes, les incarnent grâce à la créature qui, ignorant encore tout du combat dont elle est l’enjeu, se trémousse sur son tapis d’éveil.

Comme tous, nous nous interrogeons sur le devenir de nos enfants. Seront-ils avocats, infirmières, prêtres ou super-héros ? A vous de voir, mais à eux de trancher en leur souhaitant de pouvoir s’offrir le luxe suprême : celui de choisir leur destin !

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